Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Dgiraudet-penser.over-blog.com

Blog de réflexion , pensée, poésie, philosophie

BOUDDHANAR la Liberté inconcevable: Illusion des aides extérieures, du salut et des voies

Publié le 5 Juillet 2013 par Dominique Giraudet

Lien :http://bouddhanar.blogspot.fr/2013/07/illusion-des-aides-exterieures-du-salut.html?spref=fb

« il n'y a aucune voie vers la délivrance, puisque nous n'avons jamais été asservis... il n'y a à aller nulle part, il n'y a rien à faire. L'homme n'a rien à « faire » directement pour éprouver sa liberté totale et infiniment heureuse.

Ce qu'il a à faire est indirect et négatif. Ce qu'il a à comprendre c'est l'illusion décevante de toutes les voies qu'il peut se proposer. Lorsqu'il aura dévalorisé la notion même de toutes les voies imaginables, alors éclatera le « satori», vision réelle qu'il n'y a pas de voie, parce qu'il n'y a à aller nulle part, parce que de toute éternité on était au centre unique et principiel de tout. » (Dr. H. Benoit, La Doctrine Suprême.)


Dès l'instant où la personnalité de ce que l'on désigne imparfaitement comme le « fondateur » d'une religion devient plus importante que l'enseignement de celui-ci toutes les déviations sont possibles.

La déification progressive du maître lui conférera peu à peu le caractère d'unique sauveur. Aux yeux de ses fidèles plus aucun salut n'est possible en dehors de la seule voie qu'il représente.

La position des maîtres du Ch'an et du Zen est très différente des notions de « salut », familières au Christianisme.

Nous reproduisons ci-après ce qu'écrit le professeur D. T. Suzuki à ce sujet :

« Pour comprendre pleinement les éléments constituants de toute religion existant et possédant une longue histoire, il est opportun de discriminer entre son fondateur et son enseignement, car cette personnalité constitue un facteur extrêmement puissant qui détermine le développement de cet enseignement.

Je veux dire par là que celui qu'on nomme fondateur n'avait au début de son enseignement pas la moindre idée de créer un système religieux quelconque qui croîtrait plus tard en son nom.

L'édifice chrétien est bâti autour de la personnalité de Jésus. Les bouddhistes peuvent en accepter certains enseignements, mais tant qu'ils n'éprouvent aucune foi en Jésus comme « Christ » ou « Seigneur », ils ne sont pas chrétiens.

En d'autres termes, le Christ n'a pas fondé le système religieux qui porte son nom, mais ceux qui le suivirent firent de lui le fondateur de ce système.

De même, le Bouddhisme n'est pas sorti tout armé du cerveau du Bouddha comme Pallas Athénée du cerveau de Zeus.

Dans la mesure où le Bouddhisme est une religion vivante et non pas une momie historique bourrée de matériaux morts et dénués d'utilité, il doit être capable d'absorber et d'assimiler tout ce qui vient en aide à sa croissance. C'est ce qu'il y a de plus naturel pour n'importe quel organisme doué de vie. »

Dans la mesure où le Bouddhisme s'est éloigné de l'esprit vivant de Liberté et d'indépendance dont le Bouddha l'avait imprégné, il se rapproche des aspects actuels du Christianisme. Nous voyons en effet fréquemment dans les textes des expressions telle que : « prendre refuge dans le Dharma ». Le Ch'an et le Zen restent cependant totalement étrangers à ces notions. Il n'y a pour eux ni miracle ni interventions surnaturelles, ni voies ni refuges. Nous portons la totale responsabilité de nos actes et aucun Eveillé quel qu'il soit n'a le droit de porter atteinte à notre libre arbitre.

Nous sommes nous-mêmes à la fois les artisans de notre esclavage et de notre libération. Les chaînes de notre asservissement ont été forgées par nous-mêmes, il appartient à nous seul de les briser.

Le rôle des Eveillés consiste à nous montrer les obstacles qui s'opposent à cette libération. Cette dernière ne peut être cependant réalisée que dans le feu vivant de nos expériences, de nos joies et de nos souffrances.

Seules, l'ignorance, la paresse et la lâcheté peuvent nous inciter à rechercher des aides extérieures. Aucune sagesse authentique ne pourrait prendre la responsabilité d'engager l'homme dans une attitude d'évasion aussi nuisible à son épanouissement. Nous n'avons pas non plus de biens à acquérir, nous enseignent les maîtres du Ch'an/Zen. Nous n'avons ni à recevoir quoi que ce soit de l'extérieur, ni à construire, ni à « faire » au sens habituel de ce terme. Nous avons plutôt à « défaire » les accumulations complexes de nos fausses valeurs.

Tout est là. Nous sommes le Réel mais nous ne le savons pas, nous répète sans cesse le Ch'an/Zen. Depuis les profondeurs de l'esprit jusqu'aux structures matérielles de notre vie physiologique, rien ne nous manque. Il suffit simplement d'établir une coordination, une harmonie fonctionnelle entre les différents secteurs qui nous constituent. Le manque d'harmonie existant entre les différents niveaux de notre être, et le sens même d'une compartimentation en secteurs variés que notre esprit se plaît à créer, proviennent d'une erreur essentielle d'optique mentale. Dès que celle-ci se trouve corrigée par une et attention juste) les mirages engendrés par elle s'évanouissent.

Une seule chose nous paraît dès lors fondamentalement nécessaire : nous connaître. C'est en cela seul que réside ce que nous pourrions très imparfaitement désigner « notre salut ».

Il est inutile de rechercher quoi que ce soit en dehors de nous-mêmes car toute recherche extérieure s'effectue dans une direction radicalement opposée à celle que doit naturellement prendre notre esprit. Nous pourrions comparer le processus de développement de notre vie intérieure à celui de la croissance d'une plante devant diriger ses racines dans le sol fécond que la nature lui destine. Les profondeurs de l'inconscient et du conscient constituent pour nous ce sol fécond dans lequel doivent s'engager les racines de notre être pour dépasser cet inconscient et prendre contact avec la Réalité vivifiante de l'Intemporel. Il s'agit là d'un processus rigoureusement individuel. Toute attente du dehors, tout culte d'autorité, tout espoir en un miracle sont autant d'éléments qui paralysent le mouvement de plongée de nos racines psychiques vers le centre profond d'où émane la Vie en nous.

Si nous parvenons à la vision parfaitement claire de ce que nous sommes il ne nous est plus nécessaire « d'aller ailleurs ». Les « voies » extérieures sont à nos yeux des voies de perdition.

Ce sont elles que choisissent cependant la majorité des hommes actuels. Elles sont plus confortables et ne demandent aucun effort. Comme l'exprimait admirablement l'écrivain Ludovic Réhault, nous souhaiterions volontiers qu'on nous « conduise au Nirvâna en chaise à porteur ».

Mais la Vérité se joue de nos faiblesses, de nos mesquineries, de nos fausses valeurs. Il nous importe de nous mettre à sa mesure et non d'exiger qu'elle se mette au niveau de nos limitations.

C'est à cette seule condition que nous pouvons réaliser la plénitude de ce que de toute éternité nous étions et nous sommes. Dès cet instant, il n'existe ni sauveur, ni voie, ni salut extérieurs.

Nous disons simplement comme le diront un jour et comme l'ont dit tous les hommes, toutes les femmes de tous les peuples de la Terre, au moment de leur Eveil : « Je suis la Voie ».

Les chrétiens prétendent qu'une telle affirmation constitue une preuve d'orgueil. L'orgueil résulte d'un sens excessif de la conscience de soi. Prétendre que l'affirmation « Je suis la Voie » est orgueilleuse c'est méconnaître qu'elle ne peut être valablement formulée que par un être totalement « mort » à lui-même et délivré de tous les pièges de l'identification personnelle.

Robert Linssen
______________________________________________________________

Un autre texte que je met en parallèle et qui finalement exprime la même réflexion :

“L'advaita parle de Vous, de qui vous êtes ou de ce que vous êtes. L'intérêt principal de l'advaita est qu'il ne nécessite aucune formation religieuse. Vous n'avez pas besoin de croire en quoi que ce soit. Des gens de tous les horizons viennent à l’advaita et ils sont les bienvenus. Quiconque a dans le cœur l’aspiration de se connaître soi-même ou d’être délivré de la souffrance, peut réaliser la Vérité vers laquelle conduit cette philosophie ancienne et pratique.

La voie de l’advaita est directe dans la mesure où, dès le tout premier instant, elle désigne immédiatement la Vérité. Tout d’abord, elle insiste sur le fait que vous êtes complets tels que vous êtes ; puis elle vous sort de la souffrance.

Il n'y a pas de chemin. Voilà l'ultime vérité. Alors que cette compréhension s’approfondit, un grand soulagement se produit. Ici, nul ne vous dit que vous êtes dignes de faire ce voyage, que vous devez méditer quotidiennement, que vous devez être engagés ou forts. Ce genre de conseils a pour seul effet de vous mettre devant une tâche à accomplir avant même que vous ayez commencé votre recherche. La principale différence entre l’advaita et beaucoup d’autres voies – qui présument au départ que vous êtes votre mental, que vous êtes limités et que vous devez faire quelque chose pour être libre – est l’absence de toute pratique spirituelle. L’advaita vous montre dès le début que Ce que vous êtes vraiment a toujours été libre. Vous êtes directement orientés vers la réalité de l'Être à jamais parfait et immuable - votre soi profond. D’abord, découvrez la Vérité, puis suivez ce que vous dit votre cœur.

(...) l'advaita fait remarquer que la liberté n'est pas une chose que vous pouvez gagner. La liberté est ce que vous êtes."

LE SOUFFLE DE L'ABSOLU » / Éditions ALMORA, page 21, L’ADVAITA - VOIE SANS CHEMIN

Merci à Eric

LIEN :Mooji : Il n'y a pas de chemin - Eveil et philosophie, blog de José Le Roy :http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2013/07/04/27570101.html#utm_medium=

_______________________________________________________________________

Un livre :Marguerite Porète L’inspiration de Maître Eckhart de Jean Bédard

Lien :http://languesdefeu.org/des-livres-et-nous/les-femmes-du-libre-esprit/

Texte de la page :Je viens de terminer le roman historique Marguerite Porète L’inspiration de Maître Eckhart de Jean Bédard : un livre envoûtant, d’une poésie rare, un éloge à la liberté que vécurent les béguines, ces femmes cultivant l’autonomie économique et intellectuelle, féministes avant leur temps (XIIIe siècle), dont le discours axé sur l’Amour gratuit et l’égalité des relations est très contemporain. Marguerite mourra sur le bûcher, mais son message vibrant de liberté pourrait nous guider encore aujourd’hui…

Extrait de la quatrième de couverture : « Après avoir livré un éprouvant témoignage dans un procès en hérésie, Guion, secrétaire de l’Inquisition, est rongé par le doute. Lorsqu’il fait la rencontre de Marguerite Porète, mystique chrétienne dont le Libre-Esprit lui vaut d’être pourchassée par les autorités, il est séduit et prend fuite avec elle. Durant leur cavale sur les routes de France, il découvre et fait sienne la philosophie des béguines, ces insoumises qui font trembler les rois autant que le pape. »

Voici un des reproches faits aux béguines qui leur valut leur condamnation par l’Inquisition : « On ne peut accéder au divin sans passer par l’intermédiaire d’un ecclésiastique. »!!

BOUDDHANAR la Liberté inconcevable: Illusion des aides extérieures, du salut et des voies
Commenter cet article