Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Dgiraudet-penser.over-blog.com

Blog de réflexion , pensée, poésie, philosophie

Citations « Maurice Merleau-Ponty » sur Wikiquote, le recueil de citations libre

Publié le 16 Juillet 2015 par Dominique Giraudet

Citations « Maurice Merleau-Ponty » sur Wikiquote, le recueil de citations libre

Maurice Merleau-Ponty, né en 1908 et mort en 1961, philosophe français, fut professeur à la Sorbonne puis au Collège de France. Ses travaux s’inscrivent dans le courant du mouvement phénoménologique.

Phénoménologie de la perception, 1945

La perception n'est pas une science du monde, ce n'est pas même un acte, une prise de position délibérée, elle est le fond sur lequel tous les actes se détachent et elle est présupposée par eux.

  • Phénoménologie de la perception (1945), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Tel, 1945, Avant-propos, p. V

La réflexion ne se retire pas du monde vers l'unité de la conscience comme fondement du monde, elle prend recul pour voir jaillir les transcendances, elle distend les fils intentionnels qui nous relient au monde pour les faire paraître, elle seule est conscience du monde parce qu'elle le révèle comme étrange et paradoxal.

  • À propos de ce qui caractérise la démarche de réflexion phénoménologique de Husserl par rapport à l'idéalisme de Descartes ou de Kant.
  • Phénoménologie de la perception (1945), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Tel, 1945, Avant-propos, p. VIII

Chercher l'essence du monde, ce n'est pas chercher ce qu'il est en idée, une fois que nous l'avons réduit en thème de discours, c'est chercher ce qu'il est en fait pour nous avant toute thématisation.

  • À propos de la démarche phénoménologique de la réduction eidétique.
  • Phénoménologie de la perception (1945), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Tel, 1945, Avant-propos, p. X

La vraie philosophie est de rapprendre à voir le monde, et en ce sens une histoire racontée peut signifier le monde avec autant de « profondeur » qu'un traité de philosophie.

  • Phénoménologie de la perception (1945), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Tel, 1945, Avant-propos, p. XVI

Ne disons plus que le temps est une donnée de la conscience, disons plus précisément que la conscience déploie ou constitue le temps. Par l'idéalité du temps, elle cesse enfin d'être enfermée dans le présent.

  • Phénoménologie de la perception (1945), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Tel, 1945, Troisième partie, chapitre 2 : La temporalité, p. 474

Éloge de la philosophie, 1953

Celui qui est témoin de sa propre recherche, c’est-à-dire de son désordre intérieur, ne peut guère se sentir l’héritier des hommes accomplis dont il voit les noms sur ces murs. Si, de plus, il est philosophe, c’est-à-dire s’il sait qu’il ne sait rien, comment se croirait-il fondé à prendre place à cette chaire, et comment a-t-il pu même le souhaiter ?

  • Éloge de la philosophie et autres essais (1953), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Folio/Essais, 1996 (ISBN 2-07-032510-5), p. 13

Le philosophe se reconnaît à ce qu’il a inséparablement le goût de l’évidence et le sens de l’ambiguïté.

  • Éloge de la philosophie et autres essais (1953), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Folio/Essais, 1996 (ISBN 2-07-032510-5), p. 14

Si philosopher est découvrir le sens premier de l’être, on ne philosophe donc pas en quittant la situation humaine : il faut, au contraire, s’y enfoncer. Le savoir absolu du philosophe est la perception.

  • Éloge de la philosophie et autres essais (1953), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Folio/Essais, 1996 (ISBN 2-07-032510-5), p. 23

Philosopher, c’est chercher, c’est impliquer qu’il y a des choses à voir et à dire. Or, aujourd’hui, on ne cherche guère. On « revient » à l’une ou l’autre des traditions, on la « défend ».

  • Éloge de la philosophie et autres essais (1953), Maurice Merleau-Ponty, éd. Gallimard, coll. Folio/Essais, 1996 (ISBN 2-07-032510-5), p. 45

Lire la suite

La philosophie de Kierkegaard

Publié le 12 Juillet 2015 par Dominique Giraudet

La philosophie de Kierkegaard

La philosophie de Kierkegaard : Existentialisme, angoisse et désespoir

Parmi les œuvres essentielles de Kierkegaard, philosophe existentialiste danois, mentionnons :

L’Alternative (1843)

Crainte et tremblement (1843)

Le Concept d’angoisse (1844)

Post-scriptum aux miettes philosophiques (1846)

Traité du désespoir (1849)

Le Journal du séducteur

Kierkegaard oppose au Système philosophique de Hegel la vérité de l’existence individuelle et de la subjectivité. Devenir subjectif est la plus haute tâche qui nous soit assignée.

A noter : il est trop dommage que la plupart des élèves ne découvre Kierkegaard qu’en fac de philosophie, et non en terminale.

Kierkegaard Contre Hegel ; contre le Système et l’Abstraction

Kierkegaard n’est pas philosophe et ne s’est nullement voulu philosophe. Il n’a pas écrit de Système et a refusé, s’opposant ici à Hegel, de tout enclore en un ensemble systématique, où les vérités se coordonnent et s’unissent en une totalité.

Qu’est ce que le Système ?

– Il désigne un monde clos, intégrant toutes les vérités et les unifiant.

– Le tort du Système est de répudier toute séparation et toute distinction : il coordonne le réel en un tout fermé, il renferme, c’est un achèvement et une clôture.

Contre la volonté hégélienne de rassembler les connaissances et les diverses manifestations spirituelles au sein d’un ensemble clos, Kierkegaard nous rappelle que l’existence, le mode d’être du sujet individuel, est précisément à l’opposé du Système.

– L’existence est tout le contraire d’un monde clos : elle est ouverture, rupture, discontinuité.

– Exister, c’est être là, inachevé, séparé, hors de tout Système et, bien entendu, de toute abstraction.

En effet, Kierkegaard écarte également l’abstraction. Qu’est ce qu’abstraire ?

– C’est isoler, dans un concept, certaines déterminations en excluant les autres.

L’abstraction désigne cette opération par laquelle la pensée évacue le concret, la temporalité, le vécu individuel, pour se plonger dans l’idéalité conceptuelle.

– Ainsi Hegel a-t-il souligné les mérites de ce processus où nous excluons les déterminations concrètes.

– AU contraire, souligne Kierkegaard, en un cri passionnément anti-hégélien, l’insuffisance de l’abstraction est manifeste : c’est la vie qu’elle évacue, le concret, l’existence en tant que telle.

– Le penseur abstrait est un être imaginaire vivant dans l’être pur de l’abstraction : il croit habiter un palais d’idées, mais il demeure dans une chaumière, celle du concept sans vie ni épaisseur.

Abstraction, Système : ce ne sont pas là les seuls périls ou écueils qui guettent l’existant ; il en est un troisième, et c’est l’Histoire.

– En effet, cette dernière désigne, chez Hegel, le devenir spirituel orienté conduisant vers une parfaite transparence, vers un équilibre de toutes les tensions, voire vers un arrêt de la dialectique.

Kierkegaard, quant à lui, voit dans l’Histoire universelle une grande « faiseuse de bruit », un processus trompeur parce que profondément étranger au problème du sujet individuel et de la vocation de l’existant en tant que tel.

Kierkegaard, l’individu comme catégorie chrétienne décisive :

Ce n’est donc pas au niveau de l’Histoire universelle, des Idées et du Système abstrait qu’il convient de rechercher la vérité des êtres. En cette quête, l’individu doit être centre, point de référence et fondement.

Mais qu’est ce que l’individu ?

– Il désigne l’être particulier, irréductible à l’espèce, infiniment supérieur au collectif de la foule, car la foule est le mensonge.

– L’individu, au contraire, c’est le réveil de l’esprit, celui en lequel s’affirme la vocation à l’existence subjective.

Que représente alors cette dernière ?

– La subjectivité authentique est celle de l’existence religieuse, où l’homme trouve un ancrage dans le Christ.

– Il y a, en effet, trois stades (ou sphères) dans le chemin de la vie et seul le dernier apparaît comme l’authentique conquête spirituelle.

► Le stade esthétique est celui de l’abandon aux jouissances de l’immédiateté : songeons à Don Juan et à sa course éperdue, de désirs en désirs, de conquêtes en conquêtes, de plaisirs en plaisirs.

C’est le moment des possibles et du caprice.

Mais cette sphère où l’individu ne saurait se trouver, est celle de la mort et du désespoir radical, car l’individu s’éparpille alors en une poussière d’instants.

► Le stade éthique, celui du devoir, caractérisé par la stabilité et la continuité, offre au moins un principe d’unité.

Mais comment pourrait-il représenter la solution définitive ? Ce n’est qu’un stade humain et précaire, encore fermé à l’Esprit véritable, celui du Christ.

► Seule la sphère religieuse, où l’homme, par la foi (foi sans assurance, sans nulle sécurité intellectuelle, mouvement de croyance en vertu de l’absurde et au sein même de l’absurde, espérance contre toute espérance), atteint le rivage du Christ, est en mesure d’apporter à l’homme la vérité authentique, celle de l’Esprit.

Le chemin de la foi est difficile, déchiré, à mille lieues de tout repos et de toute sécurité. Y joue un rôle essentiel l’angoisse, c’est-à-dire le vertige de l’individu libre face à des possibilités et à des choix contradictoires.

« Si l’homme était ange ou bête, il ne pourrait connaître l’angoisse. Etant une synthèse, il en est capable, et il est d’autant plus homme que son angoisse est profonde. » (citations de Kierkegaard issue du Concept d’angoisse).

De même, le désespoir, cette discordance interne de la synthèse humaine, cette mort lente de l’âme qui se déséquilibre, nous forme-t-il pour l’éternité. On le voit alors, c’est l’école des souffrances qui est éducatrice.

Kierkegaard : “La subjectivité est la vérité, la subjectivité est l’erreur” :

Ainsi, loin de la pensée systématique, Kierkegaard a-t-il dessiné l’itinéraire douloureux de l’individu religieux.

Que désigne, dans cette perspective, la vérité ? Elle apparaît comme l’incertitude objective, maintenue dans l’appropriation d’une intériorité passionnée. Ainsi, le savoir objectif semble-t-il laissé en suspens, au sein de la foi, quand l’existant risque tout sans que rien d’objectif ne lui soit apporté.

Néanmoins, on se tromperait profondément si l’on voyait dans la méditation de Kierkegaard un subjectivisme absolu.

– Si la subjectivité est la vérité, elle est, en même temps, l’erreur.

– Il faut un pont où jeter l’ancre.

– En cet ultime face à face avec Dieu, l’expérience religieuse ne nous donne-t-elle pas, en effet, l’Absolu du Christ, de l’Homme-Dieu ?

– L’essence chrétienne est ainsi un mélange (inconcevable) de foi subjective et de saisie d’une vérité réelle et transcendante, en un paradoxe permanent.

Conclusion sur sa pensée :

L’influence de Kierkegaard a été considérable et déterminante : il est en un sens, le fondateur de l’ « existentialisme » contemporain. L’individu n’est pas un moment de concept, a-t-il souligné à juste titre : il n’est pas un accident de l’histoire. L’homme n’est pas réductible à un concept, il est une existence, non figée.

Lien : http://la-philosophie.com/kierkegaard-philosophie

Lire la suite

La vérité ne relève pas de la mémoire ni de la connaissance mais de la compréhension

Publié le 7 Juillet 2015 par Dominique Giraudet

La vérité ne relève pas de la mémoire ni de la connaissance mais de la compréhension

La vérité ne relève pas de la mémoire ni de la connaissance mais de la compréhension

Par Vénérable Walpola Rahula

Le célèbre maître sri-lankais Walpola Rahula, de passage en France, a bien voulu accorder un entretien à "Sangha", le 27 juillet, à la pagode du Bourget. On y trouve, derrière un constant mais apparent paradoxe, la saveur des maîtres japonais, adeptes de la compréhension directe. Pourtant, Walpola Rahula est de tradition théravadine. Mais sa sagesse ne transcende-t-elle pas toutes les écoles ? Propos recueillis par Thierry Truillet

Quelle est votre impression sur le développement du bouddhisme en Occident ?

Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu beaucoup de bouddhistes, même dans des pays traditionnellement bouddhistes, comme l’Inde ou le Sri Lanka. Pas même en Inde, du temps du Bouddha, parmi ses disciples, dont beaucoup n’avaient pas compris son enseignement. Aujourd’hui, c’est la même chose. On ne peut pas avoir la compréhension d’une vérité par une technique. La pratique n’est pas suffisante pour atteindre la réalisation. Dans les textes bouddhiques, il est question d’un homme qui n’avait encore jamais rencontré le Bouddha, n’avait donc jamais pratiqué. Il l’écouta et comprit la réalité.

Mais que pensez-vous des moyens enseignés pour guider vers cette réalisation, comme vipassana ou samatha ? Il s’agit bien de techniques qui incorporent des postures physiques et des exercices mentaux...

Tout cela est surtout intéressant pour les gens qui ne peuvent pas faire autrement !

Alors, quelle voie conseillez-vous ?

Aucune. Si vous conseillez une voie, une technique, c’est fini. Dans la méditation vipassana, il n’y a pas de technique. Vous êtes conscient de toutes vos actions. Non pas une heure ou deux, mais toute la vie, en toute circonstance.

Ma question était aussi de savoir s’il y avait une différence de compréhension entre les Orientaux et les Occidentaux.

Il n’ y en a aucune. Dans l’enseignement du Bouddha, les soutras, les tantras... Pas les tantras, Tout est venu après le Bouddha. Tous les "yanas" : Vajrayana, Mahayana, Hinayana, Theravada, etc., sont postérieurs au Bouddha. Ils ont été développés par les maîtres bouddhistes, comme les pères de l’Eglise l’ont fait pour le christianisme. Non sans erreur par rapport à l’enseignement originel.

Votre réponse laisserait penser que tous ceux qui s’engagent dans une pratique bouddhiste sont dans l’erreur...

L’erreur est de s’attacher à la forme. Si vous avez la vérité dans votre main, c’est fini. Je pense que cela renvoie à l’essence de la vérité. La vérité n’est pas quelque chose que l’on peut trouver. Elle n’est pas exprimable par le langage.

Pourtant, il faut des étapes pour conduire la conscience à cette réalisation...

Quelles vies, quelles étapes ? Le Bouddha l’a dit : il n’y a pas de chemin. Un brahmane avait une fille très belle et il vint proposer au Bouddha de l’épouser. Celui-ci refusa, déclarant qu’il ne voudrait pas même lui toucher le pied. Le brahmane lui demanda alors par quel moyen il avait obtenu ce degré de compréhension. Il a dit : non par une pratique ni par quelque manière ou chose, mais sans ces choses. C’est-à-dire : vous pratiquez, mais vous n’êtes pas esclave de la pratique.

Que pensez-vous de l’ego et des émotions perturbatrices ? Si la personne n’est pas guidée correctement, comment peut-elle atteindre la réalisation ?

Dans le bouddhisme, ce n’est pas la connaissance ni la mémoire qui comptent, mais la compréhension et non pas celle qui repose sur la mémoire. La connaissance du Dharma, c’est la mémoire, et ce n’est rien du tout. Ce n’est qu’un processus. La compréhension de la vérité n’est pas mémoire. On ne peut pas oublier la vérité et, dans la vérité, il n’y a rien à se souvenir. Après son Ilumination, le Bouddha a insisté là-dessus : il y a la vision, c’est tout. Si vous voyez une fleur, vous la voyez, c’est
tout. Il n’y a là rien de mauvais. Mais tout vient après, quand vous réfléchissez sur cela.

Les techniques du Vajrayana qui me sont un peu plus familières, amènent la conscience actuelle dans un état de non-saisie de l’expérience. Certains maîtres enseignent ces techniques pour faire comprendre cette vérité où rien n’est ajouté.

Il s’agit bien, alors, d’un chemin. Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui veulent atteindre cette vérité ?

Il n’y a pas de conseil à donner, sinon, c’est le chemin.

Les enseignants du Dharma vont bientôt se réunir à Karma-Ling pour envisager les différentes formes que prend le bouddhisme en Occident. Ce sujet préoccupe beaucoup les personnes engagées dans le Dharma...

Cette situation n’est pas nouvelle. Dans le passé, des concertations ont déjà cu lieu entre des grands bodhisattvas, des sravakas et des pratiekas bouddhas, etc. Ils ont débattu de ce qu’est la réalité. Si je me rappelle bien, il y a trente-deux définitions., Chacun a donné la sienne. A la fin, pour conclure, le grand bodhisattva a répondu par un grand silence car, dès qu’il y a des mots, il y a dualité. C’est une très belle histoire !

Le développement du bouddhisme en Asie a été très lent. En Occident, actuellement, ce processus est très rapide. D’où le questionnement des enseignants du Dharma : que faut-il faire et ne pas faire ? Quelles erreurs éviter ? A vous entendre, toutes les possibilités sont offertes...

En Occident, le bouddhisme n’est pas encore établi. Je parle de l’aspect institutionnel, non de la vérité. Ici, les aspects matériels et techniques sont très développés, mais pas la connaissance de l’esprit. Votre grand philosophe Descartes a dit : "Je pense, donc, je suis." Cette proposition n’est pas logique. Selon le bouddhisme, il n’y a pas de moi ni de pensée, il y a seulement action, mais personne derrière. L’eau coule, mais il n’y a personne qui fait couler l’eau.


http://www.vipassana.fr/

Autre lien : http://www.buddhaline.net/La-verite-ne-releve-pas-de-la

La vérité ne relève pas de la mémoire ni de la connaissance mais de la compréhension
Lire la suite

La réincarnation Lama Thubten Yeshé répond aux questions concernant la réincarnation

Publié le 5 Juillet 2015 par Dominique Giraudet

La réincarnation  Lama Thubten Yeshé répond aux questions concernant la réincarnation

La réincarnation-

Lama Thubten Yeshé répond aux questions concernant la réincarnation

Par Lama Thubten Yeshe

SUR LA REINCARNATION (questions-réponses)

Lama Thubten Yeshé

Q : J’aime votre manière d’insister sur l’importance de la compréhension par rapport à la croyance, mais je trouve qu’il est difficile de s’avoir comment une personne élevée en Occident ou qui a eu une éducation scientifique peut comprendre le concept de la réincarnation : le fait qu ’il y a eu des vies passées et qu’il y aura des vie futures. Comment pouvez-vous prouver qu’elles existent ?

Lama Thubten Yeshe : Si vous êtes capables de réaliser la continuité de votre esprit, à partir du moment où vous étiez un minuscule embryon dans la matrice de votre mère jusqu’au moment présent, alors vous pourrez com-prendre. La continuité de votre énergie mentale est un peu similaire au courant électrique provenant d’un générateur et passant par des fils électriques jusqu’à ce qu’il éclaire une lampe. Depuis le moment de sa conception, alors que votre corps évolue, l’énergie mentale y circule constamment -changeante, changeante, changeante- et si vous arrivez à en prendre conscience, vous pourrez plus facilement comprendre la continuité antérieure de votre esprit. Comme je le dis sans cesse, ce n’est jamais simplement une question de croyance. Bien sûr, initialement il est difficile d’accepter l’idée de la réincarna-tion car de nos jours c’est un concept tellement nouveau pour la plupart des gens, particulièrement ceux élevés en Occident. L’on ne vous enseigne pas la continuité de la conscience à l’école ; vous n’étudiez pas la nature de l’esprit (qui vous êtes, ce que vous êtes) au collège. Donc bien sûr, tout cela est nouveau pour vous. Mais si vous pensez qu’il est important de savoir qui vous êtes et ce que vous êtes et que vous observez attentivement votre esprit par la méditation, vous en arriverez facilement à comprendre la différence entre votre corps et votre esprit. Vous reconnaîtrez la continuité de votre conscience et, à partir de là, vous serez capables de prendre conscience de vos vies antérieures. Il n’est pas nécessaire d’accepter le concept de la réincarnation uniquement sur la base de la foi.

Question : Puisque le bouddhisme croit en la réincarnation, pouvez-vous me dire combien de temps il se passe entre les vies ?

Lama Thubten Yeshe : Cela peut aller de quelques instants à sept semaines. Au moment où la conscience se sépare du corps, le corps subtil de l’ état inter-médiaire est déjà là, à l’ attendre. Par la force du désir pour un autre corps physique, l’ être de l’ état intermédiaire cherche une forme appropriée et lorsqu’il en trouve une, il prend renaissance.

Question : Comment le bouddhisme explique-t-il l’explosion de la population ? Si vous croyez à la réincarnation, comment se fait-il que la popula-tion s ’accroisse sans cesse ?

Lama Thubten Yeshe : C ’ est simple. Tout comme la science moderne, le bouddhisme parle de l’ existence de milliards et de milliards de galaxies. La conscience d’une personne née sur la terre a pu venir d’une galaxie très lointaine, attirée par la force du karma qui connecte l’ énergie mentale de cette personne à cette planète. D’un autre côté, la conscience d’une personne mourante sur cette terre, peut au moment de la mort être karmiquement dirigée vers la renaissance dans une autre galaxie, éloignée d’ici. Si davantage d’esprits sont attirés vers la terre, la population s’accroît ; s’il y en a moins, elle décline. Cela ne veut pas dire que des esprits entièrement nouveaux viennent à l’ existence. En accord avec la nature cyclique de l’ exis-tence mondaine, chaque esprit prenant renaissance ici, sur la terre, provient de sa vie précédente ; peut-être dans une autre galaxie, peut-être sur la terre elle-même, mais pas de nulle part.

Ce texte est extrait du premier chapitre de “Devenir son Propre Thérapeute”, un ouvrage publié par les Editions VAJRA YOYINI, Château d’En-Clauzade81500 MARZENS

tél 05 63 58 17 22. il est reproduit ici avec l’aimable permission de l’Institut Vajra Yogini.

Lama Thubten Yeshé (1935-1984) fut un des premiers maîtres tibétains à avoir enseigné en anglais. Il dédia incontestablement sa vie à transmettre l’essence des enseignements du Bouddha aux Occidentaux. Il appartient à la lignée Gelugpa du Bouddhisme Tibétain. En France il a fondé l’Institut Vajra Yoyini et le monastère de Nalanda.

Octobre 2000

Fondation pour la Préservation de la Tradition Mahayana (FPMT)
Centre Kalachakra - Centre de bouddhisme tibétain
5, passage Delessert - 75010 Paris
Tél/Fax : 01 40 05 02 22


Lien : http://www.buddhaline.net/La-reincarnation

La réincarnation  Lama Thubten Yeshé répond aux questions concernant la réincarnation
Lire la suite

Déclaration de Monsieur Lobsang Sangay Premier Ministre tibétain en exil lors du 56e anniversaire du soulèvement national Tibétain du 10/03/1959 | Jean-Patrick GILLE

Publié le 1 Juillet 2015 par Dominique Giraudet

Déclaration de Monsieur Lobsang Sangay Premier Ministre tibétain en exil lors du 56e anniversaire du soulèvement national Tibétain du 10/03/1959 | Jean-Patrick GILLE

Déclaration de Monsieur Lobsang Sangay Premier Ministre tibétain en exil lors du 56e anniversaire du soulèvement national Tibétain du 10/03/1959

Nous sommes réunis ici en mémoire des femmes et des hommes courageux qui ont donné leur vie pour la cause du Tibet il y a cinquante-six ans. Nous sommes également réunis ici pour nous rappeler que nous devons continuer la lutte non-violente du peuple tibétain avec beaucoup de détermination, un grand courage et une ferme résolution.

Chers compatriotes tibétains, je vous informe que la situation au Tibet demeure particulièrement sombre mais l’esprit inébranlable du peuple tibétain est fort et se renforce. Depuis les manifestations pacifiques qui ont éclatées en 2008, et avec les protestations constantes des auto-immolations partout sur le plateau, le Tibet est quasiment vérouillé. Les restrictions sur les déplacements des Tibétains se sont fortement intensifiées. A de multiples points de contrôle dans les principaux centres urbains, sous surveillance constante des caméras, les Tibétains doivent présenter leurs cartes d’identité incorporant des puces sophistiquées de deuxième génération. Voici comment un Tibétain décrit cette expérience humiliante : “Votre carte d’identité est comme votre ombre. Sans elle vous ne pouvez pas vous déplacer.” Cette situation de restrictions accrues est si excessive que même les touristes chinois ont été touchés au point de décrire les conditions actuelles au Tibet comme étant celles d’une “zone de guerre”.

Une source d’inquiétude particulière pour les Tibétains est l’annonce par le Conseil d’État Chinois en 2014 de changer le statut des bourgades de Shigatse et de Chamdo en celui de villes. Bien que les Tibétains soient favorables au développement économique sous la forme de modernisation, l’urbanisation signifie pour eux la marginalisation économique, l’exclusion sociale et la destruction de l’environnment. Lhasa en est un parfait exemple. La ville a vu une croissance urbaine exponentielle qui a attiré des travailleurs migrants chinois de toute la Chine. Ce déplacement de population a transformé le cœur de la culture tibétaine en un autre “Chinatown”, où les Tibétains vivent dans de petits ghettos entourés par une Chine urbaine en pleine expansion. Nous craignons que la même transformation négative se passera à Shigatse et à Chamdo, réduisant incommensurablement la capacité du peuple tibétain à préserver sa culture et son identité. En même temps, les Tibétains craignent également que les colons chinois submergeront et inonderont le Tibet rural et nomade.

Voici quelques-uns des nombreux défis auxquels nous sommes confrontés au Tibet. Je crois cependant que nous avons la détermination, la résolution, et la volonté collective de les surmonter. Les Tibétains au Tibet ont survécu à un désastre d’état après l’autre. Des catastrophes comme le Grand Bond en Avant dans les années 1950 et la Révolution Culturelle dans les années 1960 n’ont pas faibli l’esprit inébranlable du peuple tibétain. De la loi martiale imposé à Lhasa en 1989, aux “campagnes de répression brutale ‘Frapper Fort’” pour étouffer la dissidence, et aux campagnes comme le programme de Développement de la Chine Occidentale, tout cela n’a pas diminué le courage du peuple tibétain. Depuis le soulèvement de 1959, que nous commémorons aujourd’hui, et à travers des décennies de protestations pacifiques, y inclus les manifestations qui ont eu lieu à travers le Tibet en 2008, et la centaine d’auto-immolations depuis, la volonté tibétaine de vivre en tant qu’un seul peuple uni et de lutter pour la justice demeure inchangée.

Au Tibet, les artistes chantent, peignent et écrivent, tous avec un esprit enhardi et un sentiment de responsabilité accrue envers la cause tibétaine. A l’intérieur du Tibet, une nouvelle renaissance sprituelle, culturelle et intellectuelle renforce la fierté et l’unité tibétaines. Des humbles ramasseurs de dbyar rtswa dgun ‘bu (le champignon chenille) aux conducteurs de camion infatigables, fermiers et nomades, aux moines et aux nonnes, les Tibétains parlent sans cesse d’une aspiration commune à vivre dignement avec une identité commune. Ces noyaux d’idées et d’oasis d’expression des aspirations communes du Tibet fusionneront en un avenir prometteur pour tout le peuple du Tibet.

Le discours qui sort actuellement de la Chine dit que les TIbétains sont devenus leurs propres maîtres. Pour que cette rhétorique devienne réalité, nous encourageons vivement les dirigeants chinois à laisser des Tibétains gouverner au Tibet. Comme la Chine s’apprête à célébrer le 50e anniversaire de la soi-disante Région Autonome du Tibet (RAT), les partisans de la ligne dure à Beijing devraient bien faire attention au fait que la repression ne fera que générer du ressentiment. Nous avons noté les commentaires du Président Xi Jinping qui dit que la culture et la langue tibétaines devraient être préservés et cependant les directives internes en 20 points du gouvernement local en Amdo portent atteinte aux deux.

Du côté du Kashag, nous restons fermement engagés dans l’Approche de la Voie médiane qui ne prône pas la séparation du Tibet de la Chine mais une réelle autonomie pour le peuple tibétain. Afin de réaliser une réelle autonomie pour le peuple tibétain, le Groupe de travail, un organe consultatif pour le Kashag, a organisé un conclave pendant la première semaine de janvier pour entreprendre une discussion approfondie sur les développements politiques au Tibet, sur des questions en lien avec l’avenir du dialogue avec les dirigeants chinois et sur des développements sur le plan politique international à une plus grande échelle. Les dirigeants tibétains sont convaincus que la seule façon de résoudre la question du Tibet est au travers du dialogue entre les Envoyés de Sa Sainteté le Dalai Lama et les représentants des dirigeants chinois. Les Envoyés de Sa Sainteté le Dalai Lama sont prêts à entamer le dialogue avec leur homologue chinois à tout moment et où que ce soit.

A cet égard, nous apprécions tout particulièrement la déclaration récente du Département d’Etat américain qui encourage le dialogue entre les représentants de Sa Sainteté le Dalai Lama et les dirigeants chinois: “Nous croyons que tous les gens dans la RPC profiteraient des fruits du dialogue et nous encourageons le gouvernement chinois à saisir l’occasion d’engager le dialogue avec le Dalai Lama”.

Nous accueillons également les commentaires du Président Barak Obama lors du petit-déjeuner annuel de prière à Washington D.C., qui a décrit Sa Sainteté le Dalai Lama comme un “bon ami” et “un puissant exemple de que signifie la pratique de la compassion” et une personne qui “nous inspire à défendre la liberté et la dignité de tous les êtres humains”.

Je suis heureux de constater qu’en Inde, nous voyons une conscience accrue de l’importance du Tibet et plus de plates-formes pour discuter de la question du Tibet. On réalise également que l’Administration Centrale Tibétaine est une entité politique à la fois authentiquement démocratique et efficace. La fierté de notre démocratie réside en sa participation publique et nous continuons à encourager un engagement plus approfondi du peuple tibétain dans le processus démocratique.

Cette année, le peuple tibétain et nos amis à travers le monde célébreront le 80e anniversaire de Sa Sainteté le Dalai Lama. En cette occasion historique, nous prions pour la longue vie et la bonne santé constante de Sa Sainteté le Dalai Lama. Le trait distinctif du peuple tibétain est la non-violence, et les valeurs prônées par la génération de nos anciens sont la modestie, l’honnêteté et la résilience que les jeunes générations doivent adopter. Ceci est notre capital politique ainsi que notre ressource politique.

Par-dessus tout, la priorité du Kashag est l’éducation. Dans cette démarche, le Kashag encourage les Tibétains de tous horizons à s’impliquer de très près dans l’éducation de leurs enfants.

Je profite de cette occasion pour remercier tous nos groupes de soutien au Tibet, de Berlin à Bruxelles, de Canberra à Cape Town, et de Tokyo à Taipei, pour leurs nobles efforts à soutenir la justice et la liberté pour les Tibétains. Alors que l’extremisme et des conflits violents sévissent autour du monde, le Tibet est un modèle de modération et de non-violence digne de votre soutien constant. Nos exprimons notre profonde reconnaissance au peuple et au governement de l’Inde pour leur générosité et hospitalité.

Chers compatriotes tibétains, encore une fois, et avec un profond espoir et reconnaissance, au nom de six millions de Tibétains, j’offre mes prières sincères pour la longue vie de Sa Sainteté le Grand 14e Dalai Lama. Aujourd’hui, nous honorons et rendons un profond homage aux courageux hommes et femmes qui ont sacrifié leurs vies pour la cause du Tibet. Avec un courage indéfectible, puissent tous les Tibétains continuer à soutenir fermement la cause de nos ancêtres, de nos mères, de nos sœurs et de nos frères et de tous ceux qui ont consacré leurs vies à mettre fin à la souffrance des Tibétains et à rétablir la liberté pour le Tibet.

Longue vie à Sa Sainteté le Dalai Lama et Bod Gyalo.

Sikyong Dr. Lobsang Sangay Premier Ministre tibétain en exil


Lien : http://www.jean-patrick-gille.fr/2015/03/10/declaration-de-monsieur-lobsang-sangay-premier-ministre-tibetain-en-exil-lors-du-56e-anniversaire-du-soulevement-national-tibetain-du-10031959/

Lire la suite