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Blog de réflexion , pensée, poésie, philosophie

Quatre mois, trois votes, trois enjeux d'importance...

Publié le 4 Mars 2014 par Sous la Voûte étoilée

Cet article est reposté depuis Sous la Voute étoilée.

Quatre mois, trois votes, trois enjeux d'importance...

Au cours des prochains mois, trois décisions importantes vont se prendrent. Deux dans le domaine de la citoyenneté : le renouvellement de tous les conseils municipaux français les 23 et 30 mars, celui du parlement européen du 22 au 25 mai dans les 28 pays membres. Un dans le monde maçonnique : le Convent de la Grande Loge de France en juin.

 

Ces trois évènements vont se dérouler dans le contexte inquiétant de la réunion, depuis le débat sur le mariage pour tous, d'une nébulleuse d'extrême droite anti républicaine, racisme et xénophobe dont le Front National entend profiter.

 

Si ce n'était cela, il n'y aurait aucune raison de lier ces trois évènements. Mais on ne choisit pas les contextes, on doit faire avec. Les humanistes ne peuvent que se sentir concernés par les élections et par le risque bien réel de rupture de la franc-maçonnerie française, donc de son affaiblissement. 

 

Les municipales.

Le niveau de départ des différents forces politiques dans les élections municipales est tel que les lignes ne peuvent que bouger, en pertes et en gains. Il serait surprenant qu'il en soit autrement. Les instances délibératives communales sont en prise directe, en fonction de leurs compétences légales, avec la gestion des conditions de vie, d'éducation en maternelle et en primaire, de culture, d'environnement. Il s'agit là de compétences qui touchent directement la vie de l'être humain.

 

Et ce n'est pas un hasard si les orientations politiques des élus municipaux ne sont pas exactement les mêmes que nationalement. Le grand niveau de proximité entre eux et leurs "administrés" explique cette relative déconnection. Il en ressort néanmoins la nécessité de bâtir une grille de lecture au moment du choix qui intègre cette dimension de respect de la vie humaine, son développement et l'émancipation des femmes et des hommes, quel que soit leur âge, par l'éducation, la culture, l'éducation populaire, le sport, la vie culturelle.

 

Les Européennes.

A l'autre extrémité de l'échelle de proximité, les élections européennes. Elles souffrent du double handicap de l'absence totale de lisibilité de l'action des députés européens et du réflexe de dénigrement où la plupart des élus trouve dans l'Europe l'exutoire pratique à beaucoup de fuites de responsabilité. "C'est la faute à l'Europe" !

 

Pourtant, l'Europe mérite plus que le mépris condescendant que beaucoup affiche. Elle pourrait être un formidable espace de circulation des idées, des cultures et des pratiques citoyennes. C'est-à-dire un espace d'émancipation des peuples et des gens. C'est un enjeu majeur de l'implication des francs-maçons dans la perspective européenne.

 

Le convent de la GLDF.

Position iconoclaste que d'évoquer ici ce sujet ? Pas forcément dès lors que ce convent devra se prononcer, entre autres sujets, sur la perspective d'une "rupture sans ambiguité avec les obédiences maçonniques irrégulières". Il s'agit de satisfaire à l'exigence des obédiences "régulières" posée dès le début du processus de RPMF à Bâle en Juin 2012.

 

Nous avons dit souvent ici les conséquences néfastes pour la maçonnerie française que nous semblait être cette éventuelle rupture. Au moment où la franc-maçonnerie fait l'objet d'une campagne antimaçonnique sérieuse, une éventuelle rupture en son sein peut-elle apparaître comme une réponse satisfaisante ?

 

Néanmoins, il semble que la GLDF se dirige bien vers cette hypothèse. Le premier congrès régional à s'être prononcé, celui du Nord, s'est clairement positionné pour la rupture. Qu'il soit celui de l'ancien Grand-Maître Alain-Noêl Dubart, coauteur avec Alain Graesel de ce projet de RPMF pour se rapprocher des anglais de la GLUA et en obtenir la reconnaissance, n'y est probablement pas pour rien.

 

Et même si le résultat général n'était pas celui-là, le débat qui aura duré deux années, aura posé, une  nouvelle fois, la nature de l'identité de cette obédience et la solidité des rapports qu'elle a su tissé avec son environnement maçonnique.

 

Ce type de débat sur l'identité présente toujours un risque. Et s'il est salutaire, il faut souhaiter qu'il se tranche au convent par un vote clair plutôt que par un résultat proche du 50/50 ou du 60/40, voire par une opposition entre les loges de Paris et les loges de province dont les conséquences seraient alors imprévisibles.

 

Faire circuler les analyses : un enjeu.  

J'entends déjà les commentaires.

Mais, à moins que leurs auteurs ne veuillent m'appliquer le sort des porteurs de mauvaises nouvelles dans la Rome antique, je seai persévérant. J'estime utile de décrire les enjeux tels qu'ils m'apparaissent. Ne pas laisser transformer les espaces obdientiels en frontières clivantes, respecter ses particularités sans les élever en préalables, oser penser que l'universalité maçonnique n'est pas seulement un mot... Et surtout souhaiter que la franc-maçonnerie trouve la voie du rassemblement plutôt que de l'éparpillement.

 

Mais peut-être que, sans m'en apercevoir, je rêve tout éveillé... 

 

 

Gérard Contremoulin

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