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Blog de réflexion , pensée, poésie, philosophie

Arte Vidéo - Le ventre notre deuxième cerveau

Publié le 24 Février 2014 par ANTIOCHUS dans Actualité

Cet article est reposté depuis LE BLOG-NOTES D'ANTIOCHUS.


C’est un étrange voyage au cœur de nos entrailles que propose Cécile Denjean dans ce documentaire parfois complexe mais passionnant. Notre ventre abrite plus de 200 millions de neurones connectés qui transmettent des ordres. Ce « cerveau du bas », qui règne sur une impressionnante colonie de bactéries, décide-t-il de nos humeurs ?

« Les scientifiques se sont aperçus qu’il existait quantité de neurones dans notre ventre, à peu près autant que dans le cortex d’un chat ou d’un chien. Ils s’occupent, entre autres, de notre digestion. S’il n’avait disposé que d’un seul cerveau, celui “du haut”, l’être humain aurait été absorbé en permanence par ce processus très complexe et n’aurait pas pu développer d’autres activités intellectuelles. Le fait d’avoir deux cerveaux a joué un rôle majeur dans notre évolution », souligne Cécile Denjean, l’auteur du documentaire.


LE VENTRE PARTICIPE À LA GESTION DE NOS ÉMOTIONS

Outre des images de synthèse impressionnantes et des animations réussies, les explications délivrées par une quinzaine d’intervenants de haut niveau, travaillant souvent dans des universités ou des services hospitaliers de pointe en France, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Chine, en Belgique ou au Canada, permettent de mieux comprendre l’impact de notre ventre sur nos comportements.
Des chercheurs ont, par exemple, découvert que notre cerveau entérique – celui du ventre – produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. Si la psychanalyse gastrique cherche encore son fondateur, l’acupuncture abdominale, pratiquée depuis une quarantaine d’années en Chine, soigne de nombreuses pathologies dont la maladie de Parkinson, celle d’Alzheimer et la dépression.


L’INCROYABLE COMPLEXITÉ DE NOS VENTRES

« On s’est aperçu que la maladie de Parkinson, qui s’attaque aux neurones du cerveau, s’en prend aussi à ceux du ventre. Cette maladie neurodégénérative démarre longtemps avant que les premiers troubles moteurs n’apparaissent. Or, quand les tremblements surviennent, il est trop tard puisque 70 % des neurones sont déjà détruits. Si on arrivait à diagnostiquer Parkinson dix à vingt ans plus tôt par une simple biopsie intestinale de routine, cela pourrait permettre d’anticiper sur la destruction de neurones »estime Cécile Denjean.
Au CHU de 
Nantes, des médecins confirment qu’une simple biopsie intestinale peut diagnostiquer la maladie de Parkinson.

De l’université Columbia de New York au CHU de Grenoble en passant par le Collège de France, l’université Mac Master d’Hamilton au Canada, l’Inserm de Nantes ou l’université technique de Munich, les propos tenus par les intervenants permettent de mieux comprendre l’incroyable complexité de ce qui se passe dans nos ventres. On sait désormais qu’une conversation secrète existe entre les deux cerveaux. Elle ouvre d’immenses espoirs thérapeutiques.
Article Le MONDE

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On peut voir cette vidéo dans son intégralité ici (en haut à droite du lecteur vidéo que vous trouverez sur ce site : passer la souris et cliquer sur : "Start vidéo") -->
Le ventre, notre deuxième cerveau

Ci-dessous la bande annonce de ce passionnant documentaire ... (Bientôt en DVD)

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Tolkien, le hobbit catholique [ Texte original du blogue de Mr Jacques Gauthier ]

Publié le 19 Février 2014 par Dominique Giraudet

Je vous signale que Mr Jacques Gauthier a eu l'amabilité de me préciser que le site de Huffington Post, sur lequel son article a été publié, ne renvoie pas à la source de son article qui est son blogue.

D'autre part il ne parle pas dans l’article original de « fantastique » chez Tolkien, mais bien de « fantasy ». On a changé sans lui en parler. Voici le texte original sur son site , suivre ce lien : http://www.jacquesgauthier.com/blog/entry/tolkien-le-hobbit-catholique-1.html/

L 'article original est bien celui-ci restitué ci-dessous (Les illustrations photographiques de l'auteur en moins ):

John Ronald Tolkien (1892-1973) a retrouvé un nouveau public grâce au réalisateur Peter Jackson. J’ai beaucoup aimé son adaptation de la trilogie Le Seigneur des anneaux, même si les nombreuses scènes d’action escamotent un peu la métaphysique de la quête, très présente dans le livre. Le premier film de la nouvelle trilogie Le Hobbit a aussi connu un grand succès de salle, comme on le prévoit aussi pour le deuxième volet, La désolation de Smaug, en tête du box office dès sa sortie. Pourtant, Peter Jackson dénature le roman original en y insérant une figure féminine importante, Tauriel, l'elfe rebelle. Qu'importe si les fans de Tolkien crient à l'hérésie, le succès du film va continuer à gonfler les ventes de ce livre. Le dernier film de la trilogie devrait paraître en 2015. Mais l’écran ne remplace pas l’écrit; les supports sont trop différents. Pour goûter le souffle homérique de Tolkien, qui n’est pas sans rappeler les grandes épopées bibliques, mieux vaut la lecture patiente de l’œuvre.

L’influence des guerres

Tolkien a commencé à écrire des poèmes dans les années 1910. Il publie Le Hobbit en 1937 qui séduit la critique et le public. Il invente ces petits hobbits qui, comme lui, aiment la tranquillité et fumer la pipe. Dans ce roman, Bilbo le hobbit part à l’aventure avec Gandalf et treize nains pour récupérer un trésor gardé par le dragon Smaug. Il rencontrera le sinistre Gollum et trouvera un objet qui transformera la vie de plusieurs : l’anneau.

Douze années plus tard, Tolkien apporte une suite en publiant un roman plus sombre, Le Seigneur des anneaux. Ce classique, qui a donné le genre « fantasy », se prête à plusieurs interprétations. La « fantasy » n’est pas seulement le rêve et la féerie, c’est une manière de redécouvrir le réel sous l’angle de l’imaginaire.

Marqué par la Première Guerre mondiale, Tolkien invente des personnages de la Terre du Milieu qui illustrent bien cette phrase de Rimbaud : « Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes ». Par de multiples symboles empruntés aux mythologies, il décrit la tentation qui est à l’origine de tant de conflits : vouloir être comme des dieux, désirer le pouvoir à tout prix, dominer la terre. C’est ce que réclament les dictateurs, comme Saroumane et Sauron, figures de Satan ou des SS. Pour leur faire face, le plus humble de tous, Frodon le hobbit, que la Communauté de l’anneau va accompagner dans sa mission : détruire l’anneau de pouvoir dans le feu de la montagne du Destin.

Pour Tolkien, Le Seigneur des anneaux est un livre sur Dieu qui traite de questions religieuses comme la chute et la rédemption. On y retrouve les thèmes chers au catholicisme, sous le mode symbolique : présence mariale, la charte des béatitudes, le pardon, l’esprit d’enfance, la sainteté, l’éternité. Plus encore que Bilbo le hobbit, Frodon est une figure christique qui perd son innocence en affrontant le Mal et en se sacrifiant pour les autres. Le romancier, probablement influencé par Thomas d’Aquin, décrit le Mal comme l’absence de bien.

Une œuvre religieuse

L’importance du catholicisme dans la vie et l’œuvre de Tolkien lui vient surtout de sa mère. Baptisé dans l’église anglicane en Afrique du Sud, il rentre en Angleterre avec sa mère et son frère à la mort de son père. Ils s’installent à Birmingham, ville où vécut Newman, béatifié en 2010 par Benoît XVI. La jeune famille se convertit au catholicisme. Ce sont des années de misère qui vont altérer la santé de la mère. Elle meurt alors que son fils est aux études. Son témoignage de foi va beaucoup marquer John. Il devient professeur de littérature à l’université d’Oxford et crée l’univers fabuleux de la Terre du Milieu. Ce père de quatre enfants sera un fervent catholique, son fils aîné deviendra prêtre. John se lève tôt pour assister chaque matin à la messe. Il regrettera d’ailleurs l’abandon du latin dans la messe à la suite du concile Vatican II. Il participera à la traduction de la Bible de Jérusalem en 1966.

John joue un rôle décisif dans la conversion à la foi chrétienne de C.S. Lewis, auteur des célèbres Chroniques de Narnia, œuvre allégorique pour enfants qui s’inspire aussi du christianisme. Les références chrétiennes dans l’œuvre de Tolkien ne sont pas aussi évidentes. Il crée un monde imaginaire, un conte pour tous, comme s’il voulait évangéliser l’imaginaire. Il écrit dans une lettre : « Le Seigneur des anneaux est bien entendu une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; de manière inconsciente dans un premier temps, puis de manière consciente lorsque je l’ai retravaillée. C’est pour cette raison que je n’ai pratiquement pas ajouté, ou que j’ai supprimé les références à ce qui s’approcherait d’une « religion », à des cultes et à des coutumes, dans ce monde imaginaire. Car l’élément religieux est absorbé dans l’histoire et dans le symbolisme » (Lettres no 142).

Les vertus qui sous-tendent la quête dans l’œuvre de Tolkien sont les mêmes qui fondent la spiritualité chrétienne : la foi, l’espérance et l’amour. La mort et l’immortalité en sont les thèmes clefs. Gandalf le Blanc, tel un nouveau Moïse revenu du buisson ardent avec son bâton, saura bien guider les amis de Frodon et de Bilbo dans cette lutte de la lumière contre les ténèbres, de la miséricorde contre la vengeance. Leurs armes, plus efficaces que les épées, sont la loyauté, la responsabilité, l’amitié, le respect de la nature, la liberté de choix. Ainsi, lorsque Frodon s’épuise à batailler contre la séduction de l’anneau, Sam l’encourage en lui disant qu’il y a du bon dans ce monde, et que ça vaut la peine de combattre pour cette compassion qui existe dans le cœur de plusieurs.

Le combat intérieur

Il n’y a pas de sens occulte à la mythologie tolkiénienne. Le romancier invite plutôt à discerner les ombres et les lumières qui existent en chacun. Ce combat intérieur se retrouve dans toutes les littératures, que saint Paul résume ainsi : « je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas » (Rm 7, 15). Nous sommes créés libres, mais que faisons-nous de notre liberté? Quel est notre désir? Quelle est notre quête? Voilà des questions vitales, toujours actuelles.

La saga du Seigneur des anneaux, commencée avec Bilbo dans Le Hobbit, répond à ces interrogations par cette vérité : nous nous créons sans cesse à partir des choix de vie ou de mort. Ces deux voies sont proposées par Dieu dans l’Ancien Testament : « Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie » (Dt 30, 19).

Nous n’avons pas à déserter notre humanité pour résister au mal et faire le bien. Le mal, n’est-ce pas tout ce qui nous tue, ce qui nous enferme dans l’autre en voulant le posséder? Le bien, n’est-ce pas tout ce qui nous fait vivre, ce qui nous ouvre à nous-mêmes dans une juste relation à l’autre? La question des relations humaines est au centre de l’œuvre de Tolkien. Nous prenons des chemins de vie en acceptant notre finitude humaine ou des chemins de mort en entrant dans la toute-puissance de la pensée magique.

La quête de l’Enfant-Dieu

Cette quête de soi-même, des autres et de Dieu n’est jamais terminée. L’important n’est pas de trouver, mais de continuer à chercher. Comme le chantait Jacques Brel, dans L’enfance : « Mon père était un chercheur d’or, / L’ennui, c’est qu’il en a trouvé ». Mais plus on trouve Dieu, plus on le cherche, diront saint Augustin et Pascal. Exaltante quête qui débouche sur un azur d’espérance. Pas étonnant que Tolkien termine son œuvre par l’image sereine d’une enfant, écho lointain de la joie qu’apporte l’Évangile, la Bonne Nouvelle du Christ.

À Noël, les chrétiens célèbrent la venue de l’enfant, prophétisé par le poète Isaïe, repris par Haendel dans son Messie : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix » (Is 9, 1, 5).

Les croyants voient en cet enfant, blotti dans les bras de Marie, le Dieu fait homme. Trop beau pour être vrai, diront certains! Mais si Dieu est amour, tout est possible. Pour paraphraser Tolkien, le roi est de retour afin de nous libérer des ombres de la mort, non sur le Mordor, mais sur le Golgotha. Des Rois mages venus d’Orient sont partis à sa rencontre, à la suite d’une étoile, annonçant ainsi un Nouveau Testament.

Tolkien a créé une œuvre épique qui suscite l’espérance et la joie. Mais ses livres sont à prendre au second degré, dira-t-il, contrairement à l’Évangile qui garde sa dimension historique sans perdre sa portée mythique. Tolkien trouvera toujours déplacé le culte que l’on vouera à sa trilogie. Le récit historique de la naissance du Christ est pour lui plus vrai, plus joyeux, plus emballant. La quête reste toujours actuelle, non pas celle de l’anneau magique, mais celle de l’Agneau de Dieu qui crée une nouvelle alliance.

À une jeune fille qui lui demande comment il répondrait au devoir qu’elle doit rédiger sur le sujet : « Quel est le but de la vie? », Tolkien, alors âgé de 77 ans, lui dit : « Connaître Dieu par tous les moyens dont nous disposons et en être transporté dans la louange et l’action de grâce » (Cité dans Feu et Lumière, décembre 2012, p. 6). Telle fut sa quête. « Maintenant loin en avant s’est poursuivie la Route; / Que d’autres la suivent, qui le pourront! » (Le Seigneur des anneaux, Le retour du roi).

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Une discussion sur ce texte est en cours actuellement sur ce texte au sein du

forum suivant : http://forum.tolkiendil.com/showthread.php?tid=7459

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C'est pas du cinoche!

Publié le 17 Février 2014 par Jeno l'écolo dans Corrida: assez! Korrida : aski!

Cet article est reposté depuis Le blog de Jeno l'écolo Jenofanimalhumaniste.

Fadjen, taureau sauvé de la corrida.

Fadjen, taureau sauvé de la corrida.

Une contribution de Sylvie Laulom

Réponse à celui qui compare la participation à une corrida à un bain de plage, seule personne interrogée dans le seul reportage télévisé visible hier après cette première novillada de l'année 2014, dont je trouve le propos presque banalisé extrêmement choquant ... et aussi à tous ceux qui se vantent d'être amoureux de cette chose.

 

Mais non, Monsieur l'aficionado, ne faites pas comme si vous alliez au cinéma, ce n'est pas du cinéma ce qui se passe dans les arènes lors de la corrida, c'est réel, la torture de ces animaux vivants est réelle.

Parce que le torero est déguisé en joli bonbon vous pensez que vous êtes dans un rêve ?

Non, il s'agit d'un ACTE délibéré et organisé de cruauté extrême.

Alors ne faites pas s'il vous plaît le parallèle pour les faire taire avec les supposés loisirs de ses opposants, loisirs de bien être en plus, comme la plage !

 

J'ajoute que s'il s'agissait d'un film sur le thème des mêmes activités, il serait fait sous contrôle total de non blessures (même psychologiques...) sur les animaux, et il serait interdit aux enfants bien sûr.

Non, votre « spectacle » ce n'est pas du cinéma, ni art, ni culture, c'est une action d'acharnement sur un animal vivant et en dehors de l'exception sous laquelle vous vous cachez encore, vous seriez puni avec des années de prison ferme.

 

Et à côté de cela, peut être même juste en sortant des arènes, vous défendrez vos enfants des scènes violentes à la télévision ? Vous promènerez votre petit bichon en le protégeant de la moindre petite chiquenaude ? Vous demanderez pour vous, vos proches, la société, plus de sécurité, plus d'harmonie, plus de bien être ?

Alors, à quoi pensez vous donc lorsque vous vous levez de votre banc pour applaudir un tel carnage ? Il est vrai, le « spectacle » est un peu caché par une muleta, et puis un peu aveuglé par le presque fluo du costume de votre champion, vous êtes ébloui peut être ?

Mais vous n'êtes pas devenu aveugle pour autant ?...

 

 

 

 

 

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Tolkien, le hobbit catholique - Jacques Gauthier

Publié le 15 Février 2014 par Dominique Giraudet

Tolkien, le hobbit catholique - Jacques Gauthier

http://quebec.huffingtonpost.ca/jacques-gauthier/tolkien-hobbit-catholique_b_4481726.html?just_reloaded=1

John Ronald Tolkien (1892-1973) a retrouvé un nouveau public grâce au réalisateur Peter Jackson. J'ai beaucoup aimé son adaptation de la trilogie Le Seigneur des anneaux, même si les nombreuses scènes d'action escamotent un peu la métaphysique de la quête, très présente dans le livre.

Le premier film de la nouvelle trilogie Le Hobbit a aussi connu un grand succès en salles, comme on le prévoit aussi pour le deuxième volet, La désolation de Smaug, en tête du box-office dès sa sortie. Pourtant, Peter Jackson dénature le roman original en y insérant une figure féminine importante, Tauriel, l'elfe rebelle. Qu'importe si les admirateurs de Tolkien crient à l'hérésie, le succès du film va continuer à gonfler les ventes de ce livre.

Le dernier film de la trilogie devrait paraître en 2015. Mais l'écran ne remplace pas l'écrit; les supports sont trop différents. Pour goûter le souffle homérique de Tolkien, qui n'est pas sans rappeler les grandes épopées bibliques, mieux vaut la lecture patiente de l'œuvre.


L'influence des guerres

Tolkien a commencé à écrire des poèmes dans les années 1910. Il publie Le Hobbit en 1937 qui séduit la critique et le public. Il invente ces petits hobbits qui, comme lui, aiment la tranquillité et fumer la pipe. Dans ce roman, Bilbo le hobbit part à l'aventure avec Gandalf et treize nains pour récupérer un trésor gardé par le dragon Smaug. Il rencontrera le sinistre Gollum et trouvera un objet qui transformera la vie de plusieurs : l'anneau.

Douze années plus tard, Tolkien apporte une suite en publiant un roman plus sombre : Le Seigneur des anneaux. Ce classique, qui a donné le genre fantastique, se prête à plusieurs interprétations. Le fantastique n'est pas seulement le rêve et la féerie, c'est une manière de redécouvrir le réel sous l'angle de l'imaginaire.

Marqué par la Première Guerre mondiale, Tolkien invente des personnages de la Terre du Milieu qui illustrent bien cette phrase de Rimbaud : « Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ». Par de multiples symboles empruntés aux mythologies, il décrit la tentation qui est à l'origine de tant de conflits : vouloir être comme des dieux, désirer le pouvoir à tout prix, dominer la terre. C'est ce que réclament les dictateurs, comme Saroumane et Sauron, figures de Satan ou des SS. Pour leur faire face, le plus humble de tous, Frodon le hobbit, que la Communauté de l'anneau va accompagner dans sa mission : détruire l'anneau de pouvoir dans le feu de la montagne du Destin.

Pour Tolkien, Le Seigneur des anneaux est un livre sur Dieu qui traite de questions religieuses comme la chute et la rédemption. On y retrouve les thèmes chers au catholicisme, sous le mode symbolique : présence mariale, la charte des béatitudes, le pardon, l'esprit d'enfance, la sainteté, l'éternité. Plus encore que Bilbo le hobbit, Frodon est une figure christique qui perd son innocence en affrontant le Mal et en se sacrifiant pour les autres. Le romancier, probablement influencé par Thomas d'Aquin, décrit le Mal comme l'absence de bien.


Une œuvre religieuse

L'importance du catholicisme dans la vie et l'œuvre de Tolkien lui vient surtout de sa mère. Baptisé dans l'église anglicane en Afrique du Sud, il rentre en Angleterre avec sa mère et son frère à la mort de son père. Ils s'installent à Birmingham, ville où vécut Newman, béatifié en 2010 par Benoît XVI. La jeune famille se convertit au catholicisme. Ce sont des années de misère qui vont altérer la santé de la mère. Elle meurt alors que son fils est aux études. Son témoignage de foi va beaucoup marquer John. Il devient professeur de littérature à l'université d'Oxford et crée l'univers fabuleux de la Terre du Milieu. Ce père de quatre enfants sera un fervent catholique, son fils aîné deviendra prêtre. John se lève tôt pour assister chaque matin à la messe. Il regrettera d'ailleurs l'abandon du latin dans la messe à la suite du concile Vatican II. Il participera à la traduction de la Bible de Jérusalem en 1966.

John joue un rôle décisif dans la conversion à la foi chrétienne de C.S. Lewis, auteur des célèbres Chroniques de Narnia, œuvre allégorique pour enfants qui s'inspire aussi du christianisme. Les références chrétiennes dans l'œuvre de Tolkien ne sont pas aussi évidentes. Il crée un monde imaginaire, un conte pour tous, comme s'il voulait évangéliser l'imaginaire. Il écrit dans une lettre : « Le Seigneur des anneaux est bien entendu une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; de manière inconsciente dans un premier temps, puis de manière consciente lorsque je l'ai retravaillée. C'est pour cette raison que je n'ai pratiquement pas ajouté, ou que j'ai supprimé les références à ce qui s'approcherait d'une religion, à des cultes et à des coutumes, dans ce monde imaginaire. Car l'élément religieux est absorbé dans l'histoire et dans le symbolisme » (Lettres no 142).

Les vertus qui sous-tendent la quête dans l'œuvre de Tolkien sont les mêmes qui fondent la spiritualité chrétienne : la foi, l'espérance et l'amour. La mort et l'immortalité en sont les thèmes clefs. Gandalf le Blanc, tel un nouveau Moïse revenu du buisson ardent avec son bâton, saura bien guider les amis de Frodon et de Bilbo dans cette lutte de la lumière contre les ténèbres, de la miséricorde contre la vengeance. Leurs armes, plus efficaces que les épées, sont la loyauté, la responsabilité, l'amitié, le respect de la nature, la liberté de choix. Ainsi, lorsque Frodon s'épuise à batailler contre la séduction de l'anneau, Sam l'encourage en lui disant qu'il y a du bon dans ce monde, et que ça vaut la peine de combattre pour cette compassion qui existe dans le cœur de plusieurs.


Le combat intérieur

Il n'y a pas de sens occulte à la mythologie tolkiénienne. Le romancier invite plutôt à discerner les ombres et les lumières qui existent en chacun. Ce combat intérieur se retrouve dans toutes les littératures, que Saint Paul résume ainsi : « Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas » (Rm 7, 15). Nous sommes créés libres, mais que faisons-nous de notre liberté? Quel est notre désir? Quelle est notre quête? Voilà des questions vitales, toujours actuelles.

La saga du Seigneur des anneaux, commencée avec Bilbo dans Le Hobbit, répond à ces interrogations par cette vérité : nous nous créons sans cesse à partir des choix de vie ou de mort. Ces deux voies sont proposées par Dieu dans l'Ancien Testament : « Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie » (Dt 30, 19).

Nous n'avons pas à déserter notre humanité pour résister au mal et faire le bien. Le mal, n'est-ce pas tout ce qui nous tue, ce qui nous enferme dans l'autre en voulant le posséder? Le bien, n'est-ce pas tout ce qui nous fait vivre, ce qui nous ouvre à nous-mêmes dans une juste relation à l'autre? La question des relations humaines est au centre de l'œuvre de Tolkien. Nous prenons des chemins de vie en acceptant notre finitude humaine ou des chemins de mort en entrant dans la toute-puissance de la pensée magique.


La quête de l'Enfant-Dieu

Cette quête de soi-même, des autres et de Dieu n'est jamais terminée. L'important n'est pas de trouver, mais de continuer à chercher. Comme le chantait Jacques Brel, dans L'enfance : « Mon père était un chercheur d'or, / L'ennui, c'est qu'il en a trouvé ». Mais plus on trouve Dieu, plus on le cherche, diront saint Augustin et Pascal. Exaltante quête qui débouche sur un azur d'espérance. Pas étonnant que Tolkien termine son œuvre par l'image sereine d'une enfant, écho lointain de la joie qu'apporte l'Évangile, la Bonne Nouvelle du Christ.

À Noël, les chrétiens célèbrent la venue de l'enfant, prophétisé par le poète Isaïe, repris par Haendel dans son Messie : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix » (Is 9, 1, 5).

Les croyants voient en cet enfant, blotti dans les bras de Marie, le Dieu fait homme. Trop beau pour être vrai, diront certains! Mais si Dieu est amour, tout est possible. Pour paraphraser Tolkien, le roi est de retour afin de nous libérer des ombres de la mort, non sur le Mordor, mais sur le Golgotha. Des Rois mages venus d'Orient sont partis à sa rencontre, à la suite d'une étoile, annonçant ainsi un Nouveau Testament.

Tolkien a créé une œuvre épique qui suscite l'espérance et la joie. Mais ses livres sont à prendre au second degré, dira-t-il, contrairement à l'Évangile qui garde sa dimension historique sans perdre sa portée mythique. Tolkien trouvera toujours déplacé le culte que l'on vouera à sa trilogie. Le récit historique de la naissance du Christ est pour lui plus vrai, plus joyeux, plus emballant. La quête reste toujours actuelle, non pas celle de l'anneau magique, mais celle de l'Agneau de Dieu qui crée une nouvelle alliance.

À une jeune fille qui lui demande comment il répondrait au devoir qu'elle doit rédiger sur le sujet : « Quel est le but de la vie? », Tolkien, alors âgé de 77 ans, lui dit : « Connaître Dieu par tous les moyens dont nous disposons et en être transporté dans la louange et l'action de grâce » (Cité dans Feu et Lumière, décembre 2012, p. 6). Telle fut sa quête. « Maintenant loin en avant s'est poursuivie la Route; / Que d'autres la suivent, qui le pourront! » (Le Seigneur des anneaux, Le retour du roi).

Tolkien, le hobbit catholique - Jacques Gauthier
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À la mémoire du beau Marius

Publié le 10 Février 2014 par Dominique Giraudet

À la mémoire du beau Marius

À la mémoire du beau Marius , ASSASSINÉ et dépecé publiquement dans le zoo de Copenhague car il n'était "pas assez original" !!!!

R.I.P Marius

Dessin : Jo Frederiks

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Le Cinquième Rêve (Patrice Van Eersel)

Publié le 4 Février 2014 par Antiochus dans Esotérisme - Traditions - religions

Cet article est reposté depuis LE BLOG-NOTES D'ANTIOCHUS.

Et si le Monde était le résultat d'une alliance entre le Rêve, le Désir et l'Extase !...

 

Espace-profond.jpg

        Espace profond ...


« Le Cinquième rêve » de Patrice Van Eersel

 

AU DEBUT LE GRAND ESPRIT DORMAIT DANS LE RIEN.
Son sommeil durait depuis l'éternité.
Et puis soudain, nul ne sait pourquoi, dans la nuit, il fit un rêve.
En lui gonfla un immense désir...
Et il rêva de la lumière.
Ce fut le premier rêve. La toute première route.
Loooongtemps, la lumière chercha son accomplissement, son extase.
Quand finalement elle trouva, elle vit que c'était la transparence.

 

Et la transparence régna.

 

Mais voilà qu'à son tour, ayant exploré tous les jeux de couleurs qu'elle pouvait imaginer, la transparence s'emplit du désir d'autre chose.
A son tour elle fit un rêve. Elle qui était si légère, elle rêva d'être lourde.
Alors apparu le caillou. Et ce fut le deuxième rêve. La 2ème route.
Loooongtemps, le caillou chercha son extase, son accomplissement.
Quand finalement il le trouva, il vit que c'était le cristal.

 

Et le cristal régna.

 

Mais à son tour, ayant exploré tous les jeux lumineux de ses aiguilles de verre, le cristal s'emplit du désir d'autre chose, qui le dépasserait.
A son tour, il se mit à rêver.
Lui qui était si solennel, si droit, si dur, il rêva de tendresse, de souplesse et de fragilité.
Alors apparut la fleur. Et ce fut le  troisième rêve, la 3ème route.
Loooongtemps, la fleur, ce sexe de parfum, chercha son accomplissement, son extase.
quand enfin elle trouva, elle vit que c'était l'arbre.

 

Et l'arbre régna sur le monde.

 

Mais vous connaissez les arbres. On ne trouve pas plus rêveurs qu'eux (ne vous amusez pas à pénétrer dans une forêt qui fait un cauchemar). L'arbre, à son tour, fit un rêve. Lui qui était si ancré à la terre, il rêva de parcourir librement, follement, de vagabonder au travers d'elle.

Alors apparut le ver de terre. Et ce fut le quatrième rêve.

La 4ème route.

Loooongtemps, le ver de terre chercha son accomplissement, son extase. Dans sa quête, il prit tour à tour la forme du porc-épic, de l'aigle, du puma, du serpent à sonnette. longtemps, il tâtonna.
Et puis un beau jour, dans une immense éclaboussure ...
Au beau milieu de l'océan ... un être très étrange surgit, en qui toutes les bêtes de la terre trouvèrent leur accomplissement, et ils virent que c'était la baleine  Loooongtemps cette montagne de musique régna sur le monde. Et tout aurait dû en rester là, car c'était très beau. Seulement voilà ...
Après avoir chanté pendant des lunes et des lunes, la baleine, à son tour, ne put s'empêcher de s'emplir d'un désir fou.
Elle qui vivait fondue dans le monde, elle rêva de s'en détacher.
Alors, brusquement nous sommes apparus, nous les hommes.

Car nous sommes le cinquième rêve, la 5ème route, en marche vers le 5ème accomplissement, la 5ème extase.
Si nous voulons trouver notre propre accomplissement, notre propre extase, et passer peut-être à la suite du jeu, il nous faut écouter et respecter, comprendre la lumière, le cristal, l'arbre et la baleine.
Faites très attention ! Car :


Dans la moindre couleur, toute la lumière est enfouie.
Dans tout caillou du bord du chemin, il y a un cristal qui dort.
Dans le plus petit brin d'herbe, sommeille un baobab.
Et dans tout ver de terre, se cache une baleine

Quant à nous, nous ne sommes pas le plus bel animal, nous sommes le rêve de l'animal ! Et ce rêve est encore inaccompli.
Que se passerait-il si nous éliminions la dernière baleine
qui est en train de nous rêver ?

 

_____________________________

Le cinquième rêve
Légende amérindienne rapportée par l'auteur dans son livre : "
Le Cinquième Rêve".
Une autre légende indienne sur ce blog : "
Feu mythique
"

 
 
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